Les partitions de mon arrière-grand-mère nous ont été transmises par ma mère, et ce livre préserve donc un matrimoine musical familial
et sera déposé à la Bibliothèque patrimoniale musicale de Paris sitôt sa parution
Marie-Joséphine avait 20 ans en 1900. Elle tenait un petit cabaret à Valenciennes… Parcourez ses nombreuses partitions sorties d’un meuble dont s’échappait un parfum de papiers jaunis et de linges usés, car elles racontent les soirées animées des cabarets provinciaux quand la politique ne pouvait pas encore s’exprimer sur les ondes. Ainsi, de la petite scène provinciale aux grandes salles parisiennes, des chansonniers parcouraient la France et s’agitaient dans les villes et les bourgades… Leurs voix libéraient des cris populaires, faisaient de la propagande, charmaient, se moquaient, et toujours avec beaucoup de tendresse. Imaginez à la lecture de ces textes que les cabarets populaires très répandus en France au début du siècle étaient des lieux hautement politisés.
Ici les partitions de mon arrière-grand-mère m'ont été transmises par ma mère, et ce livre préserve un matrimoine musical familial.
Contrairement à ce que l’on croit souvent, matrimoine n’est pas un mot créé récemment.
Il existe dans le français médiéval.
Il désigne alors les biens hérités de la mère, en miroir du patrimoine (biens hérités du père).
Le terme disparaît progressivement du vocabulaire juridique au XVIIIᵉ siècle, lorsque le droit se masculinise et que le patrimoine devient la norme unique.
Donc, si votre héritage vient de votre mère, “matrimoine” est historiquement exact.
Depuis les années 2010, le terme est revenu dans le débat public :
Associations et historiennes l’utilisent pour rendre visibles les œuvres des femmes (artistes, autrices, compositrices, bâtisseuses, etc.).
Les Journées du Matrimoine (en parallèle des Journées du Patrimoine) existent désormais dans plusieurs villes.
Il sert à désigner tout ce que les femmes ont transmis : objets, traditions, chansons, savoir-faire, archives familiales.
Le terme n’apparaît pas dans la 9ᵉ édition du Dictionnaire de l’Académie française. Mais cela ne signifie absolument pas qu’il soit fautif ou illégitime. Simplement, l’Académie n’a pas encore intégré ce mot, qui a pourtant une histoire solide et un usage contemporain bien établi.