Les partitions de mon arrière-grand-mère nous ont été transmises par ma mère.
Cette collection particulière préserve
notre matrimoine musical original.
Elle sera déposée à la Bibliothèque patrimoniale musicale de Paris sitôt sa parution, avec l'ensemble des partitions qui la composent.
Les Livres 1 et 2 sont consultables en avant-première
1884-1914
Une belle époque…
1er Septembre 1899. Elle, est cabaretière de profession, elle a 19 ans. Lui, Désiré, coiffeur, est âgé de 23 ans quand Marie-Joséphine met au monde leur premier enfant.
C’est à Valenciennes tout au nord de la France
que le cabaret de Marie-Joséphine fait le plein en soirée et qu’il vibre en accord avec chansonniers et pianistes de ce début du XXème siècle.
C’est donc ici que Marcel grandit, qu'il découvre le piano et les chanteurs populaires de La Belle Epoque.
1914-1918
Un orage gronde au loin…
Elle est cabaretière depuis 1900.
Désiré, son époux est mobilisé pour la grande guerre et combat sur le front.
Marie-Joséphine élève seule leurs trois enfants pendant son absence.
Au cœur de Valenciennes, près de la ligne du front, le cabaret de Marie-Joséphine fait encore le plein en soirée et donne la parole aux chansonniers patriotes.
Mais des voix s'élèvent et crient
Fermez ça ! Fermez ça !
par respect pour les pauvres soldats…
C’est ici que marcel, juste adolescent, comprend la guerre, la colère, les conflits.
Il devient lui-même pianiste et rêve de conduire un petit orchestre qui se produirait dans toutes les villes de France.
1919-1930
Les hommes sont fous
Marie-Joséphine était cabaretière avant l'occupation allemande.
Désiré, parti soldat en 1914, ne revient pas du front. Quand le Corps canadien libère la ville des occupants en novembre 1918, la ville est en fête, mais la jeune femme n'espère plus le retour de son époux. Par chance, son cabaret n'a pas été détruit, par chance, le piano n’a pas été volé.
L’Etat lui promet une petite pension car Marcel, son frère, et sa toute jeune sœur, seront bientôt reconnus Pupilles de la Nation. Hors le jugement n'est prononcé qu'en 1920, Marcel a presque 21 ans.
A Valenciennes, le cabaret tenu par Marie-Joséphine et Marcel fait de nouveau le plein en soirée, et s'enivre des chansons des Années Folles.
C’est ici, puis dans les salles parisiennes à la mode, que le jeune musicien joue et dirige son orchestre. Il accompagnera les artistes populaires jusqu’en 1930.
Les livres 2 et 3 sont à paraître
Parcourez les nombreuses partitions sorties du répertoire conservé par mon arrière-grand-mère. Elles racontent les soirées animées des cabarets provinciaux quand la politique ne pouvait pas encore s’exprimer sur les ondes. Ainsi, de la petite scène provinciale aux grandes salles parisiennes, des chansonniers parcouraient la France et se produisaient dans les villes et les bourgades… Leurs voix libéraient des cris populaires, faisaient de la propagande, charmaient, se moquaient, et leurs mots étaient justes.
Par la lecture de ces textes, imaginez la vie à La Belle Epoque,
Entendez les cris populaires pendant La Grande Guerre,
Effacez le mascara posé sur les plaies durant Les Années folles...
Contrairement à ce que l’on croit souvent, matrimoine n’est pas un mot créé récemment.
Il existe dans le français médiéval.
Il désigne alors les biens hérités de la mère, en miroir du patrimoine (biens hérités du père).
Le terme disparaît progressivement du vocabulaire juridique au XVIIIᵉ siècle, lorsque le droit se masculinise et que le patrimoine devient la norme unique.
Si un héritage vient de votre mère, grand-mère, arrière-grand-mère,... “matrimoine” est historiquement exact.
Depuis les années 2010, le terme est revenu dans le langage public :
Associations et historiennes l’utilisent pour rendre visibles les œuvres des femmes (artistes, autrices, compositrices, bâtisseuses, etc.).
Les Journées du Matrimoine (en parallèle des Journées du Patrimoine) existent désormais dans plusieurs villes.
Il sert à désigner tout ce que les femmes ont transmis : objets, traditions, chansons, savoir-faire, archives familiales.
Le terme n’apparaît pas dans la 9ᵉ édition du Dictionnaire de l’Académie française. Mais cela ne signifie absolument pas qu’il soit fautif ou illégitime. Simplement, l’Académie n’a pas encore intégré ce mot, qui a pourtant une histoire solide et un usage contemporain bien établi.